Invitation au meetup Manwë - Great Place To Move sur le Salon des Maires 2019
« Urbanisme radical et mobilité : Quelle radicalités pour quelle territoire ? »

Une génération de professionnels de la ville plus engagés et militants ?

Inégalités sociales, déréglèment climatique, appétits des géants de la tech, nos villes font face à des problèmes toujours plus complexes que les politiques traditionnelles semblent bien en peine de résoudre. Refusant les modes d’action plus classiques, une génération de professionnels beaucoup plus radicaux que leurs ainés émerge. Nés avec le smartphone et les réseaux sociaux, ils enjambent sans vergogne les disciplines pour inventer une nouvelle grammaire de la ville dans laquelle se mêlent philosophie politique, business models et technologies. Ils parcourent le monde pour mieux en sentir les soubresauts, animent des communautés en ligne et prônent des mesures draconiennes pour renverser la situation.

Nous avons eu la chance d’accueillir Paris Marx, l’auteur canadien de la newsletter Radical Urbanist qui analyse chaque semaine les liens entre technologies, transport et urbanisme sous un angle politique radical et assumé. Nous avons échangé avec lui et une quinzaine de participants sur le « Lab Ville de demain », au coeur du salon des Maires, le 19 novembre 2019.

Le besoin de radicalités pour les mobilités urbaines

Qui doute encore du lien fondamental entre urbanisme et mobilité ? Toute l’histoire de l’urbanisme comme des transports démontre leur intrication. Par urbanisme et mobilité, il ne faut pas entendre uniquement les grandes politiques publiques à l’échelle du territoire (infrastructures, développement urbain, transports publics), qui sont intimement liées, mais aussi chaque décision ou chaque projet à l’échelle d’un quartier, d’une rue, d’un bâtiment. Ces décisions sont prises par les communes et collectivités locales, mais aussi par les planificateurs urbains, les urbanistes et architectes, les promoteurs, les opérateurs, les commerçants et entreprises, les habitants eux-mêmes. Construire un parking ou une voie cyclable. Mettre à disposition des voitures et vélos en autopartage ou vidéo verbaliser pour faire respecter une zone piétonne. Installer une aire de jeu à la place d’un parking. Organiser les déplacements des écoliers à pied et à vélo plutôt qu’en voiture. Chaque action et chaque choix ont un impact significatif sur la ville dans laquelle nous vivons.

Notre époque est marquée par un rôle de choix radicaux, qui nous sont proposés ou qu’il nous faut faire. La technologie peut être radicale par son pouvoir transformateur de la ville. Le choix des modes de transport et pratiques privilégiés dans l’aspect suscite des débats entre des opinions radicales. Les villes elles-mêmes font face à des transformations radicales qu’elles doivent accomplir au cours des 30 prochaines années pour devenir neutres en carbone et résilientes face aux conséquences du dérèglement climatique.